En 2026, les essais Maraîchage Tout Herbe franchissent une nouvelle étape : vérifier si les résidus de mulch d’herbe apportés l’année précédente peuvent continuer à nourrir les cultures. Betteraves, oignons et tomates permettent d’observer l’effet fertilisant de l’herbe dans la durée, mais aussi l’impact de l’irrigation et du mode de récolte sur la dégradation du mulch.
Tandis que le printemps touche à sa fin, les essais se poursuivent en Maraîchage Tout Herbe.
Cette année encore, trois modalités de fertilisation sont comparées sur des parcelles dédiées : l’herbe, le fumier ou les engrais organiques en bouchons. Pour cette deuxième année de rotation, ces trois « systèmes » sont observés sur deux cultures : la betteraves sous abris et l’oignons au plein champ.
En 2026, pas d’apport d’herbe visible sur les parcelles
Attention, cette année vous ne verrez pas d’herbe fraîchement épandue sur les parcelles concernées par la modalité herbe.
L’objectif est justement de tester l’effet des résidus du mulch d’herbe apporté l’année dernière. En parallèle, les parcelles conduites avec fumier ou engrais organique en bouchon bénéficient, elles, d’un apport annuel.
Ce choix d’un apport d’herbe seulement un an sur deux repose sur deux éléments :
- La nécessité d’adapter le système « Maraîchage Tout Herbe » aux cultures semées en direct, ne pouvant être mulchées,
- Les analyses d’herbe réalisées sur le mulch épandu en 2025, qui ont permis de connaître la quantité d’azote apportée, suffisante pour compenser l’export de deux cultures successives dans notre rotation.
L’hypothèse testée est donc la suivante : le mulch apporté en 2025 pourrait continuer à nourrir les cultures en 2026, sans nouvel apport d’herbe.
Concernant l’azote, il s’agit notamment de vérifier que les éléments fertilisants issus de l’herbe ne sont pas perdus par lixiviation au cours de l’hiver.
Si cette hypothèse se confirme, un système en « Maraîchage Tout Herbe » pourrait fonctionner avec seulement la moitié, voire un tiers, des parcelles mulchées chaque année. Cela permettrait de mieux raisonner les besoins en surface des prairies, mais aussi le temps consacré à la récolte et à l’épandage de l’herbe.
Premières observations sur oignons et betteraves

Sur les parcelles de plein champ, les oignons montrent pour le moment une meilleure reprise en modalité fertilisée à l’herbe par rapport au fumier ou engrais bouchons.
Sous abris, la première récolte de betteraves indique un rendement équivalent entre la modalité herbe et les deux autres modalités de fertilisation.
Tomates : trouver le bon équilibre entre irrigation, dégradation du mulch et qualité gustative
En parallèle, les essais se poursuivent sur tomates afin d’identifier un itinéraire optimal sur mulch d’herbe.
L’année dernière, une irrigation peu fréquente avait permis d’obtenir des tomates goûtues. En revanche, une part importante de l’herbe ne s’était pas dégradée en fin de saison. Or c’est précisément en se dégradant que l’herbe libère progressivement ses éléments fertilisants dans le sol.
Pour favoriser cette dégradation, le mulch doit rester suffisament humide tout au long de la saison.
Aussi, on a décidé de comparer deux fréquences d’irrigation sur les tomates mulchées : tous les jours et deux fois par semaine. A chaque récolte, le taux de sucres des tomates sera mesuré, car la qualité gustative reste un critère prioritaire.
La longueur des brins influence-t-elle la dégradation de l’herbe ?
Enfin, une autre question est étudiée cette année : l’état des brins d’herbe au moment de l’épandage influence-t-il leur dégradation sur les parcelles mulchées ?
Les observations de terrain montrent en effet que l’état des brins varie fortement selon le matériel utilisé pour la fauche.
Trois parcelles de plein champ ont donc été paillées avec de l’herbe récoltées selon trois modalités : une faucheuse-autochargeuse (brins longs), un broyeur à marteaux (brins courts), un gyrobroyeur (brins courts et triturés).
L’herbe (matière sèche) a été pesée au moment de l’épandage. Elle sera de nouveau pesée pendant l’été puis à l’automne, afin de comparer la vitesse de dégradation selon les modalités de récolte.
